Après un début de car­rière en Suisse, Laurent Per­rin a ensei­gné la lin­guis­tique fran­çaise et les sciences du lan­gage en France depuis 2003. Il a exer­cé à tous les niveaux aca­dé­miques, de la licence au doc­to­rat, et diri­gé plu­sieurs thèses de lin­guis­tique, prag­ma­tique et ana­lyse du dis­cours. Il est actuel­le­ment pro­fes­seur émé­rite à l’U­FR de langue fran­çaise de la facul­té des lettres de Sor­bonne Uni­ver­si­té (Paris IV).

»»> Voir CV

Suite à ses pre­miers articles sur l’hy­per­bole et l’ironie, à la paru­tion de l’ou­vrage qui s’y rap­porte, Laurent Per­rin a diri­gé diverses publi­ca­tions col­lec­tives et publié nombre d’articles scien­ti­fiques sur les formes et fonc­tions prag­ma­tiques du dis­cours rap­por­té, les pro­prié­tés notam­ment dia­lo­giques ou poly­pho­niques des énon­cés et des dis­cours, la séman­tique des mar­queurs dis­cur­sifs, moda­li­sa­teurs et connec­teurs, les expres­sions idio­ma­tiques, pro­verbes et autres formes de fige­ment lin­guis­tique à dif­fé­rents niveaux, leurs effets de défi­ge­ment inter­pré­ta­tifs en contexte.

»»> Voir Liste des Publications

Les recherches de Laurent Per­rin portent glo­ba­le­ment sur l’é­non­cia­tion, les traces indi­ciaires qui s’y rap­portent en langue et en dis­cours, dont il s’emploie à sai­sir les pro­prié­tés sous dif­fé­rents angles. Consa­cré à l’ex­pé­rience énon­cia­tive, un ouvrage de syn­thèse de ses der­niers articles – « Le lan­gage, l’énonciation et le cri », paru en février 2026 aux Presses de Sor­bonne Uni­ver­si­té (SUP) – fait appa­raître que l’ex­pé­rience énon­cia­tive ne se réduit pas à l’é­pi­phé­no­mène auquel la relègue une tra­di­tion gram­ma­ti­cale et lin­guis­tique cen­trée sur le sens déno­ta­tif des mots et des phrases hors contexte, la fonc­tion réfé­ren­tielle qui s’y rap­porte. A contre-cou­rant des modèles théo­riques domi­nant, Laurent Per­rin conçoit l’é­non­cia­tion comme un élé­ment fon­da­teur du sens des énon­cés et des dis­cours, condi­tion­nant ce dont il est ques­tion pour l’es­prit humain, et déter­mi­nant fina­le­ment la valeur des choses aux­quelles on pense et dont on parle.

Com­man­der sur le site de Sor­bonne Uni­ver­si­té Presses 

INTRODUCTION

En sciences du lan­gage, les don­nées empi­riques rela­tives à la construc­tion et à l’interprétation des énon­cés et des dis­cours ne manquent pas, mais les expli­ca­tions sus­cep­tibles d’en rendre compte sont par­fois conflic­tuelles, fon­dées sur des hypo­thèses et des cadres théo­riques incom­pa­tibles. Ce qui a trait à l’énon­cia­tion notam­ment est loin d’être consen­suel, en ce qui concerne notam­ment les champs dis­ci­pli­naires qui s’y rapportent.

Conçu à par­tir d’un ensemble d’articles parus sur une quin­zaine d’années dans dif­fé­rents ouvrages et revues spé­cia­li­sées, ce livre témoigne d’une réflexion cri­tique explo­ra­toire, à contre-cou­rant d’une tra­di­tion sou­cieuse de réduire le sens lin­guis­tique des énon­cés à ce qu’ils disent et, ce fai­sant, de relé­guer le fait de le dire, c’est-à-dire leur énon­cia­tion, à un niveau pure­ment contex­tuel et prag­ma­tique. D’inspiration à la fois aus­ti­nienne, ben­ve­nis­tienne et sur­tout ducro­tienne à la base, cette recherche défend pour sa part une hypo­thèse selon laquelle l’énonciation, l’expérience qui s’y rap­porte, n’est pas seule­ment un évé­ne­ment his­to­rique effec­tif, mais bel et bien une vir­tua­li­té séman­tique que nous dirons énon­cia­tive, ins­truite par le sens même des mots et des phrases de la langue.

Entre langue et dis­cours, le sens lin­guis­tique des énon­cés repose à cet effet sur diverses ins­truc­tions asso­ciées for­mel­le­ment à leur énon­cia­tion. Mais ces formes lin­guis­tiques asso­ciées à l’expérience énon­cia­tive qui nous inté­resse, en quoi consistent-elles ? Et com­ment agissent-elles sur nos inter­pré­ta­tions ? Orga­ni­sés en cinq volets suc­ces­sifs, les onze cha­pitres de cet ouvrage s’efforcent de répondre à ces ques­tions selon dif­fé­rentes perspectives.


Les recherches de Laurent Per­rin com­prennent au moins trois ver­sants (sémio­tiques) res­pec­ti­ve­ment lin­guis­tique, prag­ma­tique et neu­ro­cog­ni­tif, dont relèvent empi­ri­que­ment l’ensemble des faits ordon­nés selon les rubriques thé­ma­tiques suivantes :

  1. Mar­queurs dis­cur­sifs et énonciation
  2. Dia­lo­gisme et poly­pho­nie, voix et points de vue en langue et en discours
  3. Formes et fonc­tions du dis­cours rapporté
  4. Tropes et figures de rhétorique
  5. Locu­tions et expres­sions figées, phrases idio­ma­tiques et proverbes
  6. Ethos dis­cur­sif et subjectivité
  7. Sub­jec­ti­vi­té de l’esprit